
Le Passage à l’acte. Ça ferait un beau titre de roman. Un beau nom pour une librairie… Et c’est la nouvelle librairie de Cris Latger, un ancien des Requins Marteaux, qui s’est donc lancé dans l’aventure à Albi ! Comme nous aimons les Requins Marteaux, comme nous aimons les libraires passionnés, comme nous n’avons pas de liste de liens sur ce blog, nous avons décidé de lui poser quelques questions sur lui, sa vie, son oeuvre pour vous inciter, amis albigeois et autres, à viendre dans ce nouveaux lieu dédié au 9e art…
Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur votre parcours ?
À vrai dire mon parcours fût celui d’un garçon au milieu des années 80 bercé par l’alternatif et le DIY où les mots réseau, fanzine, graphzine, collectif, assos, retrouvaient un sens fort et une résonance dans à la volonté de créer par soi-même et avec des moyens finalement limités une autre forme d’expression musicale, graphique ou sociale. Ces années là allaient naturellement me tourner au début des années 90 à la création et à la collaboration à différent projets ceux notamment du fanzine “Le petit martien” (à ne pas confondre avec ”Le martien”) et à la création d’une asso organisatrice de concert punk, où d’ailleurs je devis rencontrer pour la première fois les Requins Marteaux.
Avant d’avoir oeuvré chez les Requins, vous avez fait une formation particulière ?
Non, en tous les cas pas une qui allait avoir un rapport concret avec mon futur. La rencontre avec les Requins Marteaux, mis à part celle citée plus haut, je la dois à Pierre Druilhe qui au milieu des années 90 débarqua à Albi et à un bar en Formica ® où quelques bières ont coulés. Les Requins Marteaux étaient en pleine restructuration et sans véritablement de “permanent” au local, Pierre Druilhe, Marc Pichelin et Guillaume Guerse avaient la volonté de “professionnaliser” leur maison d’Edition, re-dynamiser un local-galerie, et promouvoir une autre bande dessinée et des codes graphiques différent à un large public. c’est à la proposition de Pierre Druilhe que j’entra au Requins Marteaux fin 98 pour finalement y rester plus de huit années. Elles ont étés riches, intenses, permissives, jouissives et harassantes. Je leurs doit des rencontres artistiques intenses et une certaine idée de la bande dessinée.
Comment vous est venue l’idée, l’envie de monter votre propre librairie ?
Elle est une suite logique à l’envie de quitter Les Requins Marteaux, de poursuivre dans la même direction que ces huit dernières années, mais par une autre voie moins dans l’affect, plus libres de mouvements, l’envie d’aller au charbon seul, faire un bilan de ces compétences disons…
Cela a été une évidence de vous axer sur les labels indés ?
Oui, elle est en osmose avec ma façon de penser et de fonctionner souvent dans la révolte et même quelque fois dans l’incompréhension, il est évident aussi que l’aventure “Requins” m’a plongé à coeur perdu dans ce milieu, j’en ai gardé des amitiés et des liens qui m’a paru évident de faire vivre sous cette forme.
Est-ce que cela a été difficile ?
Difficile oui et non, pas vraiment en tous les cas pour monter le projet, d’une part grâce à la confiance que certain acteur de ce milieu m’ont tout de suite apporté qu’ils soient auteurs, éditeurs ou diffuseurs, il l’a été quand je me suis confronté aux démarches administratives et à l’incompréhension sincère de certains mes interlocuteurs. Elle l’est encore car la tâche et ardu, la conjoncture pour le moins incertaine, mais j’en ai eu toujours conscience, cela ne gêne pas, elle l’est comme je l’avais imaginé, maintenant au travail !
Moi je dis « YES, HE CAN » :)
Passez à l’acte, allez-y ! (ouais, je sais, elle était facile, je sors…)